Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels
Se connecter
Sections
Vous êtes ici : Accueil Actualités L'euro : la fausse bonne idée

L'euro : la fausse bonne idée

Barrière des langues, manque de confiance entre les partenaires, différence de culture économique : le Time donne 10 raisons pour lesquelles la création de la monnaie unique était "une idée stupide".

L'euro : la fausse bonne idée

Dans un article intitulé "Les dix raisons pour lesquelles la création de l'euro était une idée stupide", le journaliste Olaf Gersemann explique sur le site du Time pourquoi nous avons été "trop crédules" au moment de créer la monnaie unique.

  1 Aucun mécanisme de résolution des conflits

Les dix premières années, l'intégration économique de l'Europe a été un succès. Au cours des différents sommets, les dirigeants se sont répartis les profits. Avec la crise de l'euro, cette dynamique a changé : maintenant il faut partager le fardeau, organiser des tours de garde pour s'occuper du bébé malade - un scénario auquel personne ne s'était préparé institutionnellement ou moralement. Résultat : les chamailleries et les prises de becs ont repris entre les partenaires européens à un niveau qui n'avait pas été vu depuis 1957, date de la signature du traité de Rome

  2 Pas de points de ralliement 

À l'exception du football et du concours de l'Eurovision, il n'y a absolument rien autour de quoi les européens puissent se rallier.   Pas de chaîne de télévision régionale, pas de journaux, et encore moins une langue commune. En période de "gagnant-gagnant", ce n'était pas vraiment un problème. Mais dès que la crise de l'euro a éclaté, l'attitude du "nous contre eux" a rapidement refait surface. Même si la crise n'a pas réduit l'UE en lambeaux, le problème de base - celui du ralliement - demeure.

    3 La barrière des langues

Pourquoi la Banque centrale allemande et la Commission n'ont pas été mises au courant ces dix dernières années de l'ampleur des problèmes de la Grèce et du Portugal? Tout simplement parce que les experts dépendaient des gouvernements grec et portugais pour obtenir le moindre petit bout d'information à ce sujet. Ne pas parler les langues de ces pays signifiaient tout simplement ne pas lire les journaux locaux, ce qui aurait contribué à rendre la situation plus claire beaucoup plus rapidement.

  4 La confiance

Les expériences menées jusqu'à présent donnent à réfléchir. Un exemple éloquent : les chiffres truqués qui ont servi de base pour décider de l'entrée de la Grèce dans la zone euro. Pire : actuellement il n'y a aucun comportement qui puisse justifier de faire davantage confiance à ses partenaires.

  5 Contrôle

L’Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne - qui représentent les trois quarts de l'économie de la zone euro - ne sont pas les seuls fautifs. La crise actuelle a parfaitement démontré que même un pays comme la Grèce, qui ne représente que 2% du PIB de la zone euro, peut entrainer l'ensemble de l'Union dans sa chute. A l'exception de minuscules pays comme Malte, tous les pays de la zone euro peuvent potentiellement faire sauter le système entier. On parle souvent de la domination allemande, mais les maillons faibles du système peuvent eux aussi prendre leurs partenaires en otage.

  6 La culture du déficit

L'Europe n'aurait pas nécessairement besoin partager beaucoup de valeurs pour fonctionner comme une zone de libre-échange. Mais pour survivre, une union monétaire a besoin, au minimum, de partager des valeurs économiques et politiques. Certains gouvernements d'Europe du Nord ont sérieusement pensé que la naissance de l'euro allait apporter aux pays du sud de l'UE une culture de la stabilité à l'allemande. Mais il apparaît clair que la France, l'Italie, l'Espagne et la Grèce continuent de voir la BCE comme une opportunité. Pas forcément à tort, mais cela contredit la profonde conviction allemande, selon laquelle une banque centrale indépendante est la seule garantie contre les gouvernements qui accumulent leur dette et font marcher la planche à billets.

  7 A la recherche d'un esprit européen

 Les différences de mentalité entre les nations ne poseraient aucun problème s'il existait au sein des gouvernements et des institutions des personnes pour s'asseoir sur leur "pensée nationale". Or, il n'existe pas d'homme européen parmi les politiciens et les technocrates. Tous sont Belges, Hongrois, Espagnols, avant d'être Européen. 

  8 Taux d'intérêts

Lorsque la monnaie unique a été introduite, même les plus sceptiques pensaient que les différences de niveaux entre les membres de la zone euro allaient s'estomper. Le nivellement escompté n'a pas eu lieu. Et c'est d'autant plus problématique qu'il n'existe qu'un seul taux directeur pour les 17 pays qui utilisent la monnaie unique. Pour certains pays, il est trop élevé, pour d'autres, trop faible. Résultat : hausse du chômage, inflation galopante dans certains cas, bulles immobilière (en particulier en Espagne et en Irlande).

  9 Manque de mobilité 

 Dans une union monétaire, les gens doivent être mobiles, prêts à passer la frontière pour aller là où se trouvent les emplois. Avec le temps, les Européens sont de plus en plus mobiles, comme le montre l'augmentation du nombre de migrants espagnols vers l'Allemagne.  Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

  10 Pas de réelle volonté d'appliquer les règles

Malgré toutes les difficultés, l'union monétaire pourrait fonctionner si les gouvernements exerçaient une pression les uns sur les autres. Mais les pères de l'union monétaire ont surestimé leur propre caste politique. Grèce, Italie, Allemagne : tous ont signé   le traité de Maastricht. Aucun des contrevenants aux règles édictées n'a été punis.

http://www.atlantico.fr/pepites/dix-raisons-pour-lesquelles-euro-etait-mauvaise-idee-233582.html

Mots-clés associés :
Tag Cloud