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Fin de l’euro, le jour d’après...

Banque ING Direct - Département recherche économique. Secteur financier, banques ou vie quotidienne : concrètement, voilà ce qu'il pourrait se passer si la zone euro explosait...

Fin de l’euro, le jour d’après...

La fin de la zone euro aurait des conséquences sur le monde du travail et par extension, sur le consommateur. Crédit Reuters

Le réveillon risque d’être un peu compliqué cette année, il va falloir que j’explique à mamie que l’on vient de changer de monnaie, elle qui ne parle qu’en franc d’avant 1958… Il faut que je passe du nouveau « nouveau » franc à l’ancien franc en passant par les euros puis en changeant cela en nouveau franc avant de le convertir en ancien franc.

Au-delà de cette considération anecdotique la mise en place d’une nouvelle monnaie soulève toujours des interrogations de l’ordre du quotidien tant du point de vue individuel que collectif. Que se passerait-il si jamais la zone euro éclatait et si la France introduisait un nouveau « nouveau » Franc ?

Comme le fait remarquer cette petite introduction, le premier élément est d’ordre psychologique, l’évaluation de la valeur d’un bien ou d’un service se fait généralement par comparaison, donc le passage à une nouvelle monnaie pourrait entrainer des difficultés d’évaluation pendant un temps : les gens seront tentés de faire la conversion en euro comme on l’a fait (et comme parfois on continue à le faire de l’euro vers le franc).

Le secteur bancaire et financier sera très secoué avec des craintes des agents étrangers possédant par exemple des actions d’entreprises françaises. En effet, un contrôle des capitaux empêcherait ses investisseurs de rapatrier leurs dividendes vers leur pays d’origine, de même l’instabilité financière leurs ferait courir un risque supplémentaire. Ce qui pourrait pousser ces acteurs à déserter le marché français et ainsi faire baisser le cours des actions.

Les banques seront fermées pour un temps indéterminé mais que l’on annoncera court (ce qui n’est pas du tout sûr…), le temps de faire rentrer la nouvelle monnaie, de reconfigurer les programmes informatiques, au distributeur les sommes que l’on pourra retirer seront limitées pouvant provoquer parfois quelques paniques. Concernant les comptes et les prêts bancaires tout sera converti en franc avec ce que les inévitables « bugs » etc.

Mais un des points fondamentals est le contrôle des capitaux : ils seront contrôlés pour éviter une fuite vers l’étranger

En effet, basculer d’un système à l’autre entraine toujours des peurs qui poussent certains à  vouloir mettre leur argent à « l’abri » dans un pays réputé plus sûr. D’autres anticiperont une dévaluation du franc et pousser par l’appât du gain procèderont de la même manière en se disant «Je rapatrie mon argent dans quelque temps quand on a dévalué le franc» (ces phénomènes ont été observés plusieurs fois par le passé). Pour éviter cela, pas d’autres possibilités que de contrôler les flux de capitaux et même de contrôler toutes les personnes aux frontières pour éviter des sorties d’argent liquide, ce qui risque de provoquer quelques heures d’attente en plus aux douanes. Du point de vue du tourisme ou des voyages d’affaire, ce sera la même chose : il faudra changer des francs en devises étrangères en acceptant les coûts de transactions qui accompagnent ce geste.

De plus, il est fort probable que le montant de devises pour partir en vacances à l’étranger soit limité comme c’était le cas dans les années 1970. Il faut imaginer les changements de comportement : considéré comme un mouvement financier,L l’utilisation de la carte bleue se verra plafonnée et les commissions liées à son utilisation augmenteront. Il est alors probable que les vacances à l’étranger redeviennent un luxe difficile que peu pourront s’offrir. Toutefois, voyager dans des pays qui auront dévalué plus que la France pourra être plus attractif qu’aujourd’hui.

Au-delà de l’impact sur les ménages il ne faut pas négliger les effets sur le monde du travail. Les entreprises devront mettre à jour toute leur comptabilité (ce qui pourrait prendre un certain temps) et les sociétés travaillant avec l’international devront faire avec le risque de change qui alourdira les charges et, in fine, seront reportées sur le consommateur. De plus, l’exécution des contrats libellés en euro donneront sans doute lieu à des désaccords entre entreprises de différents pays à des règlements devant la justice longs, coûteux, et, plus important encore, casseront la confiance entre les partenaires. Tout cela risque de provoquer une récession importante de l’économie française, selon nos calculs, le chômage pourrait augmenter de presque 6 points de pourcentage sur deux ans, la finalité étant un appauvrissement des gens.

En conclusion, on voit bien que changer de monnaie n’est pas une mince affaire et soulève de nombreuses inconnues tant au niveau individuel que collectif. Cela nécessite de reconsidérer nombre d’habitudes sans pour autant assurer une amélioration des conditions de vie quotidienne ; imaginer vous entrain de  jouer au Monopoly en ajoutant la carte « ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 F, la banque est fermée ».

http://www.atlantico.fr/decryptage/fin-euro-jour-apres-consequences-ing-direct-249324.html

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